Cercle des Solidarités Francophones

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Publié : 10 décembre 2015

Témoignage de Françoise BOURDON, Directrice Générale des Crèches Liberty et Déléguée Régionale du CSF

Intervention de Madame Françoise BOURDON, Directrice Générale des Crèches Liberty et Déléguée Régionale du Cercle des Solidarités Francophones

Lors du 4ème Forum sur la contribution de l’Accès aux Services Essentiels aux Objectifs du Développement Durable en Afrique francophone.

Paris, au Forum ASE/CSF - FFA - OIF du 03/12/2015

Quelques soient les moyens matériels mis en œuvre, rien n’est possible de façon durable sans l’éducation. Tout commence là, et dès la Petite Enfance. Le succès de l’accès aux services essentiels est conditionné à l’accès à l’éducation et à la culture qui place l’enfant, adulte en devenir, au cœur d’un processus d’intégration et en développement.

Ayant créé depuis 40 ans des crèches et des centres de loisirs qui s’appuient sur l’éveil culturel et artistique, j’ai toujours constaté qu’en développant son imaginaire et sa créativité, l’enfant était en mesure de devenir un être social capable de s’intégrer au monde. Il suffit de croire en sa possibilité de se cultiver.

Je souhaiterais citer ces mots de Françoise Barbe-Gall de l’Ecole du Louvre :

« Parler d’art à des enfants ne suffira pas à les transformer instantanément en amateurs éclairés. Mais l’état d’esprit dans lequel on le fait peut influer durablement sur leur attitude future vis-à-vis de ce domaine particulier de la culture. Au-delà du plaisir passager qu’on peut éprouver et partager devant une œuvre, l’art est une dimension fondamentale de l’être : plus tôt on le fait comprendre à un enfant, plus vite il découvre que celui-ci lui ouvre les yeux et l’esprit, plus il pourra y puiser profondément pour voir et penser par lui-même. Ce qu’il aura saisi d’un tableau continuera de lui appartenir, il verra et comprendra d’autant mieux tout ce qu’il regardera ensuite, dans n’importe quel contexte. La culture n’est pas la « cerise sur le gâteau », elle est la farine sans laquelle il n’y a pas de gâteau. Parler aux enfants en leur montrant qu’on les sait capables d’apprécier cela, même s’ils n’ont pas encore les mots pour le dire et quels que soient leur âge ou leur origine, c’est leur rendre le plus grand des services ».

Certes on ne s’improvise pas historien d’art ou conservateur mais pour peu que l’on ait l’envie de partager, de transmettre une passion, d’étonner l’enfant, de le faire rêver, il nous suivra bien plus loin et bien plus longtemps que nous l’imaginons !

Alors, comment faire ?

Si l’on utilise des supports familiers, des mots simples, une forme ludique, que la visite se déroule comme une promenade, la chose est plus facile qu’il n’y paraît. Les enfants, même très jeunes ont des facultés d’adaptation et d’observation bien plus grandes que les adultes ne l’imaginent. Mais attention, l’enjeu est bien de captiver leur attention et de faire de ce moment un vécu agréable incitant à la réflexion autant que faire se peut. L’enfant est impatient, il est préférable de marcher à son rythme. Plutôt qu’un exposé, commencer par : "que vois-tu ?" et se mettre à sa place, aller sur un détail qui le touche et mobilise toute son attention. L’enfant décidera de lui-même d’approfondir et l’adulte peut enchaîner en partant de ses réponses ou de ses questions et organiser ensuite des petits ateliers créatifs en prolongement de ces découvertes.

En fait, que cherche-t-on à travers cette démarche ? Tout simplement à aider l’enfant à grandir ! Grandir, c’est dire des choses sur le monde avec un peu de pâte à modeler, de la terre, du bois, du raphia ici à Tadio, de la musique, de la peinture, de la danse, des chansons… Grandir, c’est échanger, découvrir, créer, imaginer, ressentir des émotions. Le livre d’enfant, la lecture, le conte sont également des vecteurs essentiels de l’éveil culturel ; c’est même le premier voyage que l’on peut offrir à l’enfant : partager avec lui ces moments privilégiés qui lui donnent accès au langage, à l’imaginaire, à l’émotion, nous rapproche de lui car ils touchent à notre propre enfance que certains oublient trop souvent. Permettez-moi içi de citer une phrase d’Antoine de Saint Exupéry : « Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants, peu d’entre elles s’en souviennent ».

En conclusion, je rappellerai que dans les années 80, on a proclamé que "le bébé est une personne" ; c’est ce qui a toujours sous-tendu ma propre initiative. L’enfant doit pour grandir et devenir un adulte responsable, avoir confiance en lui et exister dans le regard de l’adulte. Il a besoin de notre amour et de notre considération. Ne lui volons pas sa jeunesse. Il est l’avenir de notre monde. Il nous appartient d’éveiller en lui des valeurs de respect, de tolérance, de courage, de partage et d’espoir. Soyez convaincus, comme je le suis moi-même, que l’éducation est le plus puissant levier pour le devenir de l’humanité et le seul chemin pour parvenir à une paix durable et un développement harmonieux.

Françoise BOURDON

Courriel : francoisebourdon@wanadoo.fr

P.J. documentation de présentation du déplacement de Françoise à Madagascar

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CR forum P35-36
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CR forum P37-38

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Atelier avec les enfants de Tadio
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Dans la librairie d’Huguette Noro membre du CSF Madagascar
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Inauguration de l’exposition du Musée des Deux Guerres en présence des représentants du Ministère de la Défense, de l’Université de Rouen et du CSF

Rencontre avec des enfants défavorisés dans une école de Tananarive

« Faisant suite au lien tissé entre le CSF et l’Université de Rouen depuis trois ans, j’ai eu le plaisir de participer au Colloque International Francophone Pluridisciplinaire de Tadio au Sud de Tananarive les 27, 28, 29 oct. 2015. Ce colloque rassemblait des universitaires Français et Malgaches, des représentants du Gouvernement Malgache, des médecins, des intellectuels et des villageois.

Après une conférence sur l’Education de la Petite Enfance, j’ai pu organiser des ateliers autour du conte et de la peinture avec des enfants de 6 à 14 ans enthousiastes et curieux, puis visiter avec Saholy LETELLIER une école de Tananarive, accueillant 70 enfants très défavorisés, à qui nous avons distribué des repas et des livres et fait provision de rires et de sourires.

Enfin, ce voyage m’a permis de rencontrer nos amis du CSF de Madagascar autour d’un échange très chaleureux, dans la librairie CMPL d’Huguette RASOAMANANORO à Tananarive en compagnie d’Elyane RAHONINTSOA.

De belles rencontres et beaucoup d’émotion partagée ! »

Françoise BOURDON,

Déléguée Régionale du CSF en Normandie

Documents joints