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Publié : 24 décembre 2013

Brésil versus Francophonie : à suivre

Le Brésil et la Francophonie.

Le Brésil occupe la moitié du continent sud-américain, 8 millions de km2, il compte 200 millions d’habitants. Le portugais en est la langue officielle, ce qui en fait le pays le plus vaste et le plus peuplé de l’espace lusophone. L’espagnol y est aussi une valeur sure dans le cadre du "Mercosur", forme de marché commun entre le Brésil, l’Argentine et les états hispanophones voisins membres ou associés.

Le français y est parlé par environ 570.000 personnes sur 200 millions.

Quel avenir pour le Français au Brésil ?

Le Brésil n’est pas membre de l’OIF. Toutefois, la 16ème assemblée générale de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) s’est tenue en mai 2013 à Sao Paulo. Un signal pour l’avenir ?

Bernard Triclinique, le recteur de l’AUF le voit prometteur. Le programme "Sciences sans frontières" lancé en 2011 par Dilma Rousseff a pour objectif d’envoyer 100 000 étudiants à l’étranger d’ici 2015. La France et le Canada s’apprêtent à en recevoir 10 000. Les cours de Français sont mis en place par les Alliances françaises, mais aussi de façon numérique, afin de les y préparer.

Paul Davidson, PDG de l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC), parle du programme "Science sans frontières". D’ici 2014, une section bilingue francophone devrait être créée dans un lycée public de Rio, ainsi qu’une section bilingue en Portugais du Brésil dans le futur lycée international de l’académie de Créteil. Un lycée hôtelier sur le modèle français est prévu pour ouvrir ses portes à Rio en 2014.

Les dirigeants de l’AUF se sont donnés pour mission de « faire entrer le Brésil dans la Francophonie officielle. ».

Alors, quel avenir pour le Brésil dans la Francophonie ?

Les liens anciens entre la France et le Brésil sont inscrits jusque dans la devise brésilienne : « Ordem e progresso » (Ordre et progrès), qui s’inspire directement du positivisme d’Auguste Comte, philosophe français.

Son développement économique initié par une décolonisation précoce en 1822 l’a placé naturellement parmi les grandes nations commerçantes : Café, latex, obtention agricoles. Il envisage de se placer parmi les premères économies mondiales à courte échéance.

VW, FIAT, Peugeot, Renault sont installés depuis longtemps et produisent des véhicules spécifiques pour ce marché immense. Son industrie se développe parallélement sur des produits technologiques, EMBRAER, ..

Dans toutes les négociations, la stratégie constante du Brésil a été de faire prévaloir l’émergence d’accords sectoriels, plutôt que la constitution de blocs plus intégrés. Son prestige grandissant, son poids économique lui font chercher aussi des soutiens politiques pour devenir membre permanent du Conseil de Sécurité.

Le plus grand pays de l’Amérique latine regarde maintenant vers l’Union Européenne pour constituer un partenariat lui donnant un débouché à ses productions et l’accès aux technologies les plus modernes sans se rallier à la région nord-américaine. L’Afrique est aussi en vue et non seulement l’Angola, le Mozambique et les anciennes possessions portugaises.

La Francophonie offre à cette nation émergente un nouvel espace d’échanges économiques et culturels sur l’ensemble des continents, Europe, Afrique, Asie, dont sont issues ses souches de peuplement.

C’est donc dans un contexte de pragmatisme, que va s’épanouir la relation entre le Brésil et la Francophonie.

Dominique CAILLET. délégué Picardie du CSF de retour du Brésil.